5.8.03

Literatura: Charles Baudelaire 2

A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Tradução: A uma transeunte
A rua ensudercedora em volta de mim gritava.
Alta, delgada, em grande aflição, dor majestosa,
Uma mulher passa, de forma suntuosa
Altiva, agitando a corrente e a bainha;

Rápida e nobre, com sua perna de estátua.
Eu, eu bebia, tenso como um disparatado,
No seu olho, céu lívido onde nasce o furacão,
Doçura que fascina e prazer que mata.

Um relâmpago... depois a noite! – Beleza fugidia
Cujo olhar fez-me repentinamente renascer,
Ver-te-ei novamente apenas na eternidade?

Noutra parte, bem longe daqui! tardiamente! talvez jamais!
Pois ignoro aonde tu foges, tu não sabes onde vou,
Ó tu que eu teria amado, ó tu que o saberia!